13.03.2008

Le "mais" significatif

pervers_pepere.JPGCe que l'on redoute principalement lorsque on recherche un emploi, c'est le « mais », le si fâcheux « mais ». On le connait tous. Mais si. Vous avez un profil intéressant, mais il ne nous convient pas. Vous parlez bien anglais, mais pas chinois. Vous êtes motivée, mais pas assez. Vous avez l'air brillante, mais pas nous...

J'ai été dernièrement victime d'un « mais » d'un nouveau genre. Un « mais » que je n'ai pas vu venir. Paf. Car d'habitude le « mais », on le pressent, si on a un tant soit peu d'ouïe et une dose de bon sens. MAIS là, rien. Pas vu arriver.

A la suite d' un entretien, une jeune femme me recontacte par téléphone et me dresse un portrait somme toute très sympathique de ma petite personne. Le coup classique, me direz-vous. En effet jusque là rien d'extraordinaire, j'ai déjà eu affaire à ce genre de topo qui annonce un jetage en règle. MAIS non. Elle en rajoute. Elle hésitait entre moi et une autre, et elle me préfère moi: Oui, elle m'aime mieux moi! Dingue! MAIS ils ont choisi l'autre. Ah... Perké? Parce qu'elle a dejà une expérience significative dans le domaine.

Classique, encore une fois. C'est vrai, moi je n'ai fait que cueillir des paquerettes en chantant titou le lapinou pendant 6 ans. Z m'étais trompée de porte!

Conclusion (mis à part l'absurdité d'un tel coup de fil): l'expérience, c'est du significatif, c'est du lourd! On le savait déjà...mais encore faut-il que cette expérience soit significative...(Inutile de le préciser, les stages sont en général relégués au rang d'insignifiance notoire).

Reprenons donc: comment décide-t-on du degré de « signifiance » de son expérience? La durée. Le poste occupé. Les tâches effectuées. DPT. Ou DPOTE. Bam. (si stratégie ou management me pique le concept, je fais un malheur). La motivation a quant à elle du mal à rattraper cette signifiante expérience. Alors? Comment rendre sa motivation significative lors d'un entretien , si son expérience ne l'est pas assez? Telle est la question.

En guise de réponse je suggère:

  • de baver en parlant du poste que vos interlocuteurs cherchent à pourvoir, tout en ayant les yeux vifs, trop vifs...

  • de faire comprendre que vous êtes prêts à tuer vos concurrents. Le couperet, ça vous excite!

  • de dévoiler une liste des sacrifices que vous êtes prêt à faire (quitter votre conjoint, travailler 18h par jour, ne pas être payé pendant 3 mois, les exemples ne manquent pas, vous en trouverez!)

  • d'indiquer subtilement que vous prendrez rapidement le poste des recruteurs qui vous écoutent

  • de camper devant le lieu de RV

  • d 'expliquer, toujours de manière subtile, mais sans équivoque, que si vous n'avez pas le poste, vous vous tuerez. Ou vous les tuerez tous.Auchoix.                                                                                                                                                                                          

Si avec ça vous ne dégagez pas l'ombre de la pouffe à l'expérience significative, c'est vraiment que vous êtes insignifiants!

Leobinn

Commentaires

Ah oui mais ! Le joli moi de mais !
Stop arrêtons les jeux de mots foireux ! Car hélas, ce ‘mais’ est bien réel et je dirais même qu’il fait des émules.
Tenez voir, la brillante note de Leobinn me rappelle un ‘mais’ vécu. Il m’est resté en travers de la gorge celui-là.
Suite à l’envoi de mon curriculum vitae par voie spontanée, une jeune femme, au demeurant fort sympathique, me rappelle dans la foulée (comme quoi parfois) qualifiant mon parcours…de charmant.
Eh oui, bizarre ce mot ?!? Mais je me dis « Tiens enfin quelqu’un de la partie adverse qui utilise un joli mot ». Il change tellement de tout ce vocable détestable aux initiales agressives : RPM comme Réactivité – Pugnacité – Motivé ou encore AA comme Autonome – Assidu et non point Alcooliques Anonymes.
Bref, je reste malgré tout méfiante devant ce trop plein d’enthousiasme, ce qui ne m’empêche pas de répondre présente sur le champ lorsqu’elle me propose de la rencontrer le jour même.
Réactivité quand tu nous tiens.
Je me rends à l’entretien, un peu tremblante de ne pas avoir pu me préparer davantage. Tant pis ou tant mieux. Je suis reçu froidement par la responsable financière puis par la juriste (auteur du mot « charmant »). S’ensuit alors un entretien traditionnel, et ce à tel point qu’elles en concluent gentiment :
« Vous avez un parcours très intéressant, des expériences non professionnelles très intéressantes aussi, vous avez un excellent Master mais vous n’êtes que junior, vous n’avez pas d’expériences professionnelles significatives et signifiantes ».

O pauvres petits juniors en mal d’expériences professionnelles significatives signifiantes de la signification signifiée.
Mais quoi, mais qu’est-ce ? Où sommes-nous ? Toc Toc ? Allo ?
Et là, j’ai cette phrase qui me vient naturellement à l’esprit, in La Môme néant de Jean Tardieu : « Quoi qu’a fait ? A fait rin…. ».
Et puis bah pour la suite : « Allez donc le lire, jeunes fainéants insignifiants, glandeurs ! »

Cosmocronos

Ecrit par : Cosmocronos | 13.03.2008

Je ne sais si c'est votre rage, votre humour, votre style qui me plaisent, l'association des trois en fait. C'est comme la gifle glaçante et revigorante d'une déferlante. On se croyait "sous l'eau" dans le train-train du boulot qui n'en finit plus, et nous voilà dehors. Pas fiers, nous, les "quinqua".
Au plaisir de vous lire, et de vous savoir bientôt "recrutées", non mais !
AFDT

Ecrit par : AFDT | 15.03.2008

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